Pour une architecture de communs cyber-physiques conforme aux principes d'Ostrom

La version originale de cet article a été rédigée en anglais, dans le cadre d'une série portant sur l'architecture de communs cyber-physiques proposée par le projet Commons Stack.

Peu de personnes ont contribué de façon aussi décisive à la connaissance des communs qu'Elinor Ostrom, lauréate du Nobel d'Economie 2009. Ses huit principes de gestion des communs, dégagés à partir d'études de terrain effectuées auprès de communautés dans le monde entier (pêcheries dans le Maine et en Indonésie, forêts au Népal, systèmes d'irrigation en Espagne, villages de montagne au Japon...), se sont imposés comme un modèle viable d'auto-gouvernance et d'usage partagé de ressources communes, alternatif aux modèles dominants de la gestion par l'Etat et des marchés. Bien que la possibilité d'appliquer ces principes à une grande échelle demeure incertaine, de récentes recherches suggèrent que les technologies blockchain puissent y contribuer, en résolvant certaines difficultés majeures.

Le projet Commons Stack vise à faciliter la mise en oeuvre de ces principes en créant des outils et des process pour les communs "cyber-physiques", afin de permettre à des communautés d'intention de réunir et de gérer avec efficacité des ressources partagées.

Une version de la bibliothèque future de Commons Stack, à base d'outils et de mécanismes permettant l'adaptation "locale" aux écosystèmes des communs.

Un framework pour les communs cyber-physiques

Commons Stack applique les principes du Token Engineering pour créer une bibliothèque d'outils adaptables afin de faciliter la gestion communes de biens publics. Mais qu'est-ce donc qu'un commun cyber-physique ? Nous l'envisageons comme une extension des systèmes cyber-physiques comme les réseaux électriques

"Un système cyber-physique est un mécanisme contrôlé et surveillé par des algorithmes automatisés, intégré avec Internet et ses utilisateurs. Dans les systèmes cyber-physiques, les composants matériels et logiciels sont étroitement liés, chacun opérant dans ses propres dimensions spatiales et temporelles, et interagissant avec les autres de façon multiple et changeante selon le contexte."

Un commun cyber-physique peut se définir comme une communauté d'intention (c'est-à-dire un groupe humain rassemblé par une même raison d'être) utilisant un système cyber-physique pour atteindre ses objectifs. Les communs peuvent ainsi tirer parti de la diffusion massive des réseaux numériques et prendre place dans le vaste mouvement qui a conduit à un intérêt renouvelé pour les coopératives, à l'introduction de l'économie collaborative, à la multiplication des projets open source et à l'essor du mouvement blockchain.

La coordination au sein de communautés d'intention nécessite la prise en compte de nombreuses dimensions : références culturelles, normes sociales, stratégies juridiques, politiques et procédures, etc. Nous nous y attachons au sein de Commons Stack, un projet lui-même conçu comme un commun et au coeur duquel se développe le "Trusted Seed", une communauté de membres actifs partageant les mêmes idéaux. Cet article est quant à lui consacré aux aspects techniques d'une architecture cyber-physique des communs organisée autour des huit principes d'Ostrom.

Les 8 principes d'Ostrom et la boîte à outils de Commons Stack

Pour commencer, il peut être utile d'établir des parallèles entre communs et réseaux numériques, afin d'identifier l'intersection de ces concepts. Pour citer David Bollier :

"'Il n'y a pas de commun sans faire commun'. Les communs ne sont ni les ressources, ni la communauté qui les emploient, ni les procédures pour les gérer, mais l'interaction dynamique entre tous ces éléments. Prenons Wikipedia comme exemple : il y a une ressource (la base de connaissance), une communauté (les auteurs et les éditeurs) et un ensemble de régimes et de protocoles établis par la communauté (les directives d'édition et de création de contenu Wikipedia). Le commun Wikipedia émerge à partir de ces trois éléments.”

Shermin Voshmgir et Michael Zargham envisagent plusieurs types de ressources différents pouvant être gérées par des réseaux cryptoéconomiques : ressources physiques (biens matériels, électricité), financières (tokens, monnaie fiduciaire), et sociales (attention, participation à la gouvernance, contributions au code, communication). Gérer collectivement ces ressources répond aux mêmes enjeux que ceux des communautés qu'Elinor Ostrom a étudiées à travers le monde.

Examinons donc les 8 principes d'Ostrom, en rappelant ce qui les rend socialement nécessaires, et en déterminant comment une approche cyber-physique des communs peut être utile à chacun d'eux.

1. Délimitation claire du commun

Sans limite claire de la communauté et sans définition claire de ses ressources, on assiste à une sur-utilisation et à l'épuisement de ces dernières, en raison du problème connu en économie sous le nom de passager clandestin. Ce problème est illustré par la crise mondiale de la pêche, provoquée en grande partie par la surexploitation des ressources halieutiques, la liberté de pêche étant totale dans les eaux internationales.

L'une des caractéristiques utiles de la technologie blockchain est d'associer des droits ou d'autres attributs à des jetons numériques, dits tokens. Ainsi, la détention de tokens peut être employée pour déterminer sans équivoque qui est dans ou hors de la communauté. Les tokens peuvent représenter les contributions d'un membre de la communauté, conférer des droits d'accès aux ressources et un rôle dans la gouvernance, ou un droit de copropriété. Le système dit "Augmented Bonding Curve" (ABC) de Commons Stack rend possible la création d'économies internes aux communs, en définissant un système d'échange de valeur automatisé et programmé entre le commun et le monde extérieur.

Ainsi, les membres d'une communauté pourraient recevoir des tokens en contrepartie d'une contribution financière à l'ABC, ou d'une contribution de leur temps. Les fonds versés alimentent l'économie interne et sont disponibles pour rémunérer la réalisation de travaux utiles au commun. La conversion des tokens en monnaie traditionnelle est assurée par l'ABC. Les tokens peuvent également être utilisés pour participer aux décisions collectives, selon les modes de gouvernance démocratiques ou méritocratiques adoptées par la communauté.

En facilitant l'établissement d'une définition claire de la participation à un commun via la détention de tokens, y compris lorsque cette participation peut être très changeante au cours du temps, l'ABC permet de satisfaire au premier principe d'Ostrom, y compris dans le cadre de groupes nombreux et dispersés géographiquement.

2. Règles adaptées au contexte local

Il n'y a pas d'approche universelle de la gestion des ressources partagées. Les règles et les valeurs doivent être déterminées en fonction des besoins des participants et des limites environnementales locales, à défaut de quoi elles risquent d'être perçues comme déconnectées de la vie réelle et s'avérer inutiles. Une architecture technique pour les communs doit faciliter la coordination des efforts en vue de résoudre les problèmes réels survenant localement.

Il faut noter ici qu'à l'heure du numérique, la notion de 'local' s'élargit. Ce qui s'entendait comme une proximité géographique peut désormais se comprendre comme une proximité d'intérêts et d'intention. Les collectifs qui se forment sur les réseaux numériques ignorent bien souvent les frontières physiques, mais ne sont pas pour autant amorphes ou ouverts à n'importe qui. L'ancrage géographique fait place à un ensemble de valeurs et d'objectifs communs, qui constituent le nouveau 'local' des communautés dématérialisées.

De nombreux projets dans l'univers blockchain proposent des plateformes imposant certaines formes d'organisation entre participants. Le projet Commons Stack emprunte une voie différente visant à laisser toute latitude aux communautés pour organiser leur structure, leur financement, leur gouvernance. Au lieu d'une plateforme, Commons Stack propose une bibliothèque de composants open source paramétrables et interopérables, et des outils de simulation afin de vérifier que leur assemblage satisfait les besoins propres à chaque communauté.

Par exemple, en plus de décider du mode de financement pertinent dans son contexte (comme un système ABC ou un autre outil de financement), une communauté pourra aussi utiliser le système de gouvernance de son choix (comme un outil de Conviction Voting, ou un vote à la majorité simple), entre autres adaptations. La flexibilité offerte par l'approche à base de composants de Common Stack permet ainsi de satisfaire au deuxième principe d'Ostrom.

3. Gouvernance participative

Ostrom nous indique que les membres d'une communauté seront d'autant plus enclins à respecter les règles de gestion et d'accès aux ressources partagées qu'ils auront eu leur mot à dire lors de la définition de ces règles. Inclure les parties prenantes dans les choix affectant le commun est la meilleure manière d'obtenir une large adhésion aux décisions qui en résultent.

Avec les nouveaux outils à notre disposition, nous pouvons commencer à imaginer des solutions au-delà des systèmes de vote traditionnels, afin de rendre possible la prise de décisions collectives à l'échelle de grandes communautés. Ceci commence avec l'établissement d'un noyau initial de personnes partageant un idéal commun et un système d'incitation pour orienter leur action de façon cohérente. Une autre approche consiste à utiliser le "Conviction Voting" afin de protéger le vote d'attaques basées sur la manipulation ou la corruption et stimuler la participation. Enfin, une approche modulaire des systèmes de choix collectifs permet à chaque communauté de sélectionner un mode de gouvernance adapté, au lieu de se limiter au dispositif habituel d'un choix limité d'options dans une fenêtre temporelle étroite. On peut en attendre une diminution des frictions entre les processus politiques et les aspirations du corps social, que l'on voit se renforcer partout aujourd'hui.

Un autre intérêt que l'on peut attendre des technologies blockchain résulte de la tokenisation des droits de gouvernance. Une architecture cyber-physique des communs permet une mesure fine des contributions à la cause commune, et une allocation proportionnelle d'influence dans les processus de décision collective. Ceci permet de dépasser le système "une personne, un vote", et d'autoriser l'expression de l'intensité de la préférence que l'on peut avoir pour une proposition donnée, pondérée par l'importance de notre engagement vis-à-vis du groupe. L'approche peut être encore affinée à l'aide d'autres méthodes comme le vote quadratique, qui permet de limiter les effets de concentration excessive du pouvoir. Bien entendu, ces nouvelles possibilités doivent être manipulées avec précaution, et chaque communauté doit avoir le plein contrôle sur le choix et les paramètres de ces dispositifs.

Par exemple, lorsque des participants donnent de leur temps ou contribuent financièrement, cet investissement peut être reconnu sous la forme de tokens alloués par la communauté, conférant ainsi une plus grande influence aux membres les plus actifs. Les évolutions prévues de la bibliothèque Commons Stack incluent notamment la délégation du vote et la démocratie liquide, autre facteur d'élargissement de la participation aux choix collectifs. Tous ces outils renforcent l'application du troisième principe d'Ostrom, l'inclusion des parties prenantes dans les choix affectant les ressources communes.

4. Reconnaissance juridique par les autorités compétentes

Si les règles adoptées par la communauté ne sont pas reconnues valides par la juridiction applicable à celle-ci, des frictions sont inévitables. Sans reconnaissance juridique, le commun risque de péricliter, soit en raison de l'exploitation de ses ressources par d'autres entités, soit du fait de l'impossibilité de recourir à une autorité surplombante lorsque les sanctions internes ne suffisent pas à régler un conflit particulier.

Le statut juridique de communs s'appuyant sur les technologies blockchain devrait être une préoccupation pour toute personne souhaitant mettre en oeuvre ces nouveaux systèmes socio-techniques. Pour un commun ou son implémentation technique sous la forme d'une DAO, l'absence de statut explicite ne garantit aucune protection vis-vis des juridictions en place, et certainement pas une forme quelconque d'extra-territorialité. Par défaut, la forme de société en nom collectif (general partnership dans les pays anglo-saxons) est celle qui risque d'être retenue en cas de procédure devant les tribunaux, et elle entraîne une responsabilité personnelle illimitée de chaque membre. Les communautés utilisant la bibliothèque Commons Stack peuvent opter pour une structure juridique adaptée à leur spécificités et aux juridictions dans lesquelles elles oeuvrent.

Commons Stack explore les façons de doter les DAOs de formes juridiques reconnues à l'international afin de limiter la responsabilité personnelle des participants, comme on peut le faire aujourd'hui pour d'autres entités. En s'assurant que les communautés sont conscientes du besoin de se doter d'un statut légal et ont accès à de multiples véhicules juridiques, nous satisfaisons au principe d'Ostrom en matière de reconnaissance juridique des communs.

5. L'application des règles dépend d'une supervision interne et collective

Une fois les règles de gestion des ressources communes adoptées, il faut vérifier qu'elles sont appliquées. Les participants au commun ont besoin d'informations fiables pour s'assurer du respect des règles, et la supervision elle-même doit être sous le contrôle des membres de la communauté..

La recherche en sciences sociales a mis en évidence le rôle de la transparence dans la création de normes comportementales positives au sein d'un groupe. Le fait de se savoir observé encourage la conformité du comportement aux attentes collectives, et une bonne gouvernance requiert que les décideurs soient informés des interactions au sein de la communauté.

Les technologies blockchain, utilisées de façon appropriée, peuvent apporter transparence et sens de la responsabilité dans la gestion des communs. Deux composants de Commons Stack contribuent en particulier à la supervision des communs : le Système de Propositions de Giveth, qui confère de la transparence à la gestion des fonds dépensés au bénéfice de biens publics, et le Tableau de Bord Analytique des Communs qui rend observables au sein d'une communauté toutes les transactions et leurs conséquences.

Ainsi, un participant qui soumet une proposition pour prendre en charge une tâche au service de la communauté pourra être rémunéré pour ses efforts lors de l'atteinte d'un jalon prédéfini et vérifié, lorsque l'impact de son travail sera confirmé par d'autres participants. La combinaison de ces outils crée un système de supervision efficace qui satisfait au cinquième principe d'Ostrom concernant la supervision et la responsabilisation des participants.

6. Graduation des sanctions en cas de non-respect des règles

Des mesures extrêmes comme le bannissement des contrevenants crée du ressentiment et de la défiance, plutôt que de renforcer la communauté. Il est préférable d'instaurer un système gradué d'avertissements, d'amendes et de publicité des infractions. Ceci permet d'éviter des déchirements du tissu social et de disposer de sanctions proportionnelles à la gravité des manquements aux règles, afin que le rappel des règles prévale sur l'esprit punitif.

Un commun cyber-physique doit disposer d'outils permettant la mise en oeuvre de sanctions graduées. Il est également important de considérer l'impact systémique des sanctions, ce que permettent les simulations holistiques des interactions entre agents effectuées avec cadCAD, un composant fondamental de Commons Stack. Afin de s'assurer que les sanctions ne sont pas prises à la légère, leur déclenchement devrait être d'autant plus contraint qu'elles sont sévères.

Ainsi, une communauté pourrait mettre en oeuvre un système de réputation pénalisant les fautes sous la forme d'une perte de réputation sociale. D'autres pourraient opter pour des métriques basées sur un historique des actions, par exemple en requérant un seuil d'approbation plus élevé lorsqu'un participant soumet une nouvelle proposition après plusieurs rejets. D'autres pénalités sont possible, y compris l'option extrême de l'interdiction temporaire ou définitive de participer aux choix collectifs. En d'autres termes, les communs peuvent s'appuyer sur Commons Stack de multiples manières afin de satisfaire au sixième principe d'Ostrom sur la gradation des sanctions.

7. Accès aisé à des instances locales de résolution de conflits

En d'autres termes, les méthodes pour surmonter des difficultés imprévues devraient être peu coûteuses et facile d'accès. Chacun devrait avoir la possibilité d'accéder à des services de médiation lorsqu'un problème survient, et le coût de ces services ne saurait être dissuasif pour quiconque.

Le fonctionnement automatique des smart contracts (programmes fonctionnant sur une blockchain) réduit le risque de non-observation d'accords contractuels entre les participants. Lorsque les parties s'engagent par le truchement d'un smart contract, l'accord est automatiquement mis en oeuvre en fonction de conditions pré-programmées. Cependant, la résolution de conflits sur le plan social demeure une nécessité, quelles que soient les facilités offertes par ces systèmes techniques. Avec le Trusted Seed, nous explorons des bonnes pratiques culturelles qui incluent un espace de délibération pour la résolution de conflits. Les communautés s'appuyant sur Commons Stack pourront adapter et utiliser de telles pratiques sociales pour leurs projets.

Le traitement de certains types de désaccord — portant par exemple sur la qualité du travail fourni par des membres — pourrait s'appuyer sur une validation décentralisée des tâches, ce qui s'accompagnerait d'une plus grande responsabilisation. La résolution de conflits pourrait également s'appuyer sur les systèmes gradués des juridictions décentralisées comme Aragon Court ou Kleros, avec un recours possible aux systèmes juridiques traditionnels si nécessaire.

Un contentieux banal pourrait par exemple être résolu par un jury de cinq membres de la communauté tirés au hasard et motivés économiquement ou socialement pour rendre un verdict équitable. Si un appel est interjeté, un nouveau groupe plus nombreux peut être convoqué, à un coût plus élevé pour la partie faisant appel, et ainsi de suite pour chaque recours ultérieur. Les composants futurs de la bibliothèque Commons Stack satisferont ainsi le septième principe d'Ostrom en fournissant des systèmes de résolution de conflits peu coûteux et faciles d'accès.

8. Organisation de communs à multiple niveaux

Certaines ressources peuvent être gérées localement, alors que d'autres nécessitent une coopération plus étendue, avec des systèmes de décision imbriqués à plusieurs niveaux selon le principe de subsidiarité. La gestion d'un champ, par exemple, pourrait être sous le contrôle d'une communauté locale, alors que celle de la rivière voisine pourrait impliquer d'autres parties prenantes. Le pouvoir de décision devrait être alloué aux personnes directement affectées par l'emploi des ressources concernées.

Bien que la bibliothèque Commons Stack soit conçue pour être utilisable par des communautés de petite taille, le système est fondamentalement fractal. Chaque participant dans un commun peut être un autre commun, ce qui permet l'émergence de structures fédératives, une approche recommandée par le manifeste DisCO. Ceci facilite l'établissement d'une gouvernance distribuée et de structures sociocratiques, et le déploiement de centre de décisions imbriqués, fonctionnant sous le contrôle d'une structure hiérarchique globale, ou bien au sein d'un réseau totalement horizontal, ou encore selon des modèles hybrides.

Des communs locaux pourraient ainsi participer à des communs régionaux, à leur tour associés à des communs mondiaux dans le cadre de projets utiles à l'atteinte d'objectifs partagés. La liquidité monétaire entre ces différents communs peut être obtenue via leurs Augmented Bonding Curves respectives, assurant ainsi une coordination économique entre ces structures. Nous envisageons Commons Stack comme une infrastructure pour la création d'un écosystème de communs, une 'forêt commune' dans laquelle chaque communauté plante ses propres 'arbres communs'.

Cette conception fractale satisfait au huitième principe d'Ostrom de l'imbrication à plusieurs niveaux entre communs.

Des communs cyber-physiques 'automatisant Ostrom'

Il est capital de gérer nos ressources partagées de façon collective. Les problèmes les plus graves auxquels nous faisons face en tant qu'espèce humaine sont le produit de notre incapacité collective à gérer des ressources communes, comme l'air, l'eau, et les ressources naturelles en général. Les huit principes de gestion durable des communs d'Elinor Ostrom forment les fondations à partir desquelles nous explorons des possibilités à la confluence des technologies blockchain et des systèmes cyber-physiques. Le projet Commons Stack a ainsi pour objectif d'expérimenter des applications des communs cyber-physiques, avec des fonctionnalités limitées au début, puis une sophistication croissante au fil des itérations incorporées dans la bibliothèque.

Notre ambition est 'd'automatiser Ostrom' afin de faciliter l'application de ces principes par des communautés cherchant à gérer efficacement leurs ressources communes. Nous pensons que les modèles et outils de mise en oeuvre de communs cyber-physiques faciliteront l'implémentation des règles d'Ostrom, et l'interconnexion et l'essor des communs et d'économies de réseaux alternatifs.


Pour davantage d'information sur le projet Commons Stack, voici une présentation (en anglais) par Kris Decoodt au P2P Festival. Le site Web de Commons Stack fournit toutes les ressources utiles, également en anglais.

Merci à Michael Zargham, Griff Green, Kris Decoodt, Felix Fritsch, et Adam Reese pour leurs idées et corrections, et Philippe Honigman pour la traduction.